Entre botanique et orfèvrerie, Margaux Toussaint explore les liens entre le végétal et les métaux. Argent massif, or, vermeil , plaqué or sur laiton et bronze, avec ces matériaux Margaux expérimente autant les formes que les textures dans son atelier marseillais qui prend des allures de laboratoire. Résultat ? Une mûre sauvage cueillie dans un bois, une fleur ramassée dans un champ, un petit piment acheté au marché prennent des allures de bijoux qui ne ressemblent à aucun autre et qui nous rappelle à quel point la nature au sens large et le végétal en particulier sont précieux et à quel point ils méritent toute notre attention. Rencontre avec une nouvelle invitée de ma rubrique Girls Girls Girls.

Peux-tu évoquer tes études et ton parcours professionnel ?
J’ai un master en marché de l’art contemporain, et c’est à ce moment-là que je suis arrivée à Paris. Ce fut une période très riche, qui a nourri mon regard sur l’objet, le beau et la création au sens large.
Je n’ai pas poursuivi dans ce milieu, que je trouvais assez fermé, et j’ai exploré d’autres domaines professionnelles, notamment pour le groupe de luxe, Kering, où j’ai très vite ressenti un manque de liberté et un décalage avec mes valeurs humaines.
C’est chez Atelier Renard, une maison de sellerie-maroquinerie, que l’envie de travailler de mes mains et de comprendre concrètement comment les choses se fabriquent s’est réellement révélée. Observer les artisans à l’atelier a été un vrai déclic.

Comment est né ton désir de devenir créatrice de bijoux ?
J’ai grandi à la campagne, dans un environnement très proche de la nature. C’est pendant le confinement que l’idée de métalliser des végétaux est née. À ce moment-là, j’avais surtout envie d’expérimenter, de comprendre la matière et de transformer quelque chose de vivant en objet durable.
Au départ, je ne pensais pas forcément créer des bijoux au sens classique, mais plutôt explorer le lien entre le végétal et le métal. Le bijou s’est imposé assez naturellement : un objet à la fois intime, précieux et très libre à expérimenter.

Est-ce que le design, l’artisanat, l’art et/ou la mode occupaient une place importante dans ta famille ?
Pas de manière très affirmée, mais ma mère a toujours eu une grande sensibilité pour les objets et les détails, que ce soit dans la nature ou face à un tableau. Elle m’a transmis ce regard attentif, cette manière de prendre le temps d’observer.
Je pense qu’elle tenait cela de mon grand-père, très sensible à l’art et aux choses bien faites. Même si je n’ai pas grandi dans un milieu artistique au sens strict, cette attention au détail, au beau et aux objets a toujours fait partie de mon quotidien.

Si tu devais définir Marseille en quelques lignes, comme une personne ou une petite histoire ?
Marseille est une ville très vivante, parfois brute mais sincère. Elle demande un temps d’adaptation, puis offre beaucoup de liberté et d’imprévu. On y trouve des ambiances très différentes, selon ce que l’on cherche.Très proche de la nature, entre la Méditerranée et les calanques, c’est aussi une ville populaire, riche de traditions, que je découvre peu à peu, avec ses forces et ses fragilités.

Qu’est-ce que Marseille a de différent ? Pourquoi as-tu décidé de t’y installer ?
La lumière, d’abord. Elle change complètement la perception du quotidien et du travail.
Il y a aussi une énergie très particulière, plus spontanée, moins codifiée que dans d’autres villes. On la retrouve dans les rencontres aussi, souvent plus simples et directes.
Pour la création, j’ai l’impression qu’il y a des ateliers, des artisans, des artistes à chaque coin de rue, ce qui est très inspirant. Après plusieurs années à Paris, j’avais envie de ralentir, de retrouver un lien plus fort avec l’environnement et la nature, et d’avoir de la place pour créer, physiquement comme mentalement. Bref, beaucoup de raisons de m’installer dans cette belle ville !


Peux-tu nous parler de toi, de ce que tu aimes, de ton travail, de tes projets et de tes rêves ?
Je suis très investie dans mon travail, qui occupe une place importante dans ma vie. J’aime le temps long de l’atelier, les phases de recherche, d’essais et parfois d’erreurs.
Aujourd’hui, je développe de plus en plus des objets en parallèle du bijou et je m’oriente vers des projets sur mesure. J’aimerais continuer à faire évoluer mon atelier en lien avec des lieux, des artisans et parfois des architectes.
L’idée de mettre en lumière les éléments de la nature et d’apprendre à les observer reste au cœur de mon travail, que ce soit à travers le bijou, l’objet ou d’autres médiums.
