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Camille, l’engagée

  • 13 février 2026
  • Lili
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Camille a une énergie communicative, elle aime sa ville, La Ciotat, et transmet cet amour à tous ceux et celles qu’elle croise. Sa famille est arrivée à La Ciotat depuis la Spezia en Italie, en 1870 pour l’ouverture du chantier naval. Et parce qu' »il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour « , elle lui prouve tous les jours en s’engageant, à son tour, dans de nouveaux lieux de vie qu’elle lance au fil des années. Humaniste dans l’âme, Camille s’investit également auprès des habitants, les Ciotadens et les Ciotadennes qu’ils soient artistes, artisans ou anonymes ; elle crée du lien et valorise les talents. Entretien avec une nouvelle invitée de notre rubrique Girls Girls Girls.

Crédit photographique : Delphine Chianucci Barbato

Comment est né ton désir de travailler dans l’hôtellerie ?

Camille : L’amour du terrain, le goût de l’anti routine, les promesses de rencontres et de voyages, la possibilité de créer une grande famille : c’est une vocation avant tout !

Est-ce que le lancement et la gestion de lieux occupaient déjà une place importante dans ta famille ? 

Camille : Ma mère louait déjà notre maison dans le centre d’Aix pour le Festival d’art lyrique. J’ai toujours aimé réaliser des plats en cuisine, des recettes, sans jamais y goûter. Ma mère a toujours beaucoup cuisiné avec des produits frais du marché d’artisans locaux ; nos goûters étaient rythmés par un gâteau au yaourt et son anchoïade, qui est médaillée d’or ! C’est après le bac, en travaillant pour Le Pain Quotidien, une belle enseigne avec de vraies valeurs, que j’ai mis un premier pied dans la restauration. D’ailleurs, le restaurant est toujours ouvert avec les mêmes gérants. Quelle longévité !

Crédit photographique : Camille Lhomme

Si tu devais définir La Ciotat en quelques lignes, comme si tu décrivais une personne ou que tu racontais une petite histoire, que dirais-tu ?

Camille :La Ciotat est une vieille dame qui rajeunit au fil des années, que l’on a souvent mise de côté, oubliée, sous-estimée. Pleine de vérité, authentique, sans filtre, enracinée, proche de ses valeurs et fière de son patrimoine.

Crédit photographique : Camille Lhomme

Qu’est-ce que La Ciotat a de différent ? Les rencontres, la lumière, la vibe… Pourquoi as-tu décidé de t’y installer ? ?

Camille :La Ciotat est singulière par sa diversité de paysages : on passe de la colline aux plages de pierres plates et aux calanques de poudingue en quelques minutes. Une ville vraie où les gens vivent ici à l’année ; certains n’en sont même jamais partis. Une ancienne cité ouvrière avec un tissu culturel défiant toute concurrence pour une ville de 38 000 habitants. C’est la ville résidente des frères Lumière. L’Eden Théâtre a rouvert en 2012 (mes arrière-grands-parents s’y sont croisés) ; c’est le plus vieux cinéma du monde toujours en activité. C’est ici qu’on a inventé la pétanque : les premiers tenanciers du bar de l’Horloge, que j’ai repris en 2015, ont inventé la pétanque pour Jules Lenoir, un ami. Leader mondial en mega yachts (La Ciotat Shipyards), membre du club des plus belles baies du monde aux côtés de San Francisco et Hong Kong. Les Ciotaden(nes) sont des gens vrais, disait ma grand-mère Odette.

La lumière y est douce tout au long de l’année ; au fil des saisons, les ciotaden(ne)s vivent majoritairement à l’extérieur.

Crédit photographique : Camille Lhomme

Ici, on marche le long de la plage, hiver comme été ; on sort sa planche de surf pour casser la vague par tempête de vent d’est ; on se réfugie dans le dintre (centre ancien) quand le mistral gronde ; on sort sa chaise dans la rue pour discuter ; on ne ferme pas la porte de son immeuble « au cas où » ; on part dans la pinède cueillir des arbouses en famille ; on prend une millième photo du Bec de l’Aigle ; on pique une tête à l’Île Verte dans l’eau cristalline. 

Crédit photographique : Camille Lhomme

Et surtout, on prend le temps de vivre. La Ciotat, c’est un mode de vie avant tout ! Mes enfants grandissent dans la maison de ma grand-mère ; nous cohabitons avec elle malgré son absence. Nous vivons à pied, une différence qui fait toute la différence ! J’ai créé LE VRAI CIOTADEN pour un parcours parfait, au plus près des Ciotadens.

Si tu peux aussi me parler de toi, de ton goût, de ton amour pour ton travail, de tes projets et aspirations…

Camille : J’aime ma vie à La Ciotat, j’aime aussi partir pour mieux la retrouver. Depuis 2012, j’ai souhaité créer des projets de sens, me lever chaque matin avec envie. Un bistrot Slow Food (l’Épicerie de 2012 à 2017), une pizzeria (Le Four Pop de 2013 à 2023), un café (le café de l’horloge depuis 2015), un site d’hébergement : la maison de famille  depuis 2013) un podcast (la mer est belle), un collectif (les Ciotadennes). Mes plaisirs quotidiens sont très simples : courir le long de la mer le matin, boire un café au soleil, commencer ma journée sans savoir comment elle va vraiment se dérouler, échanger avec les locaux, et fédérer ; j’adore ça ! La Ciotat est une terre de talents cachés, d’où l’envie de créer un podcast en 2025 pour parler de ceux qui font La Ciotat ! Réunir des Ciotadennes entrepreneures et s’engager ensemble pour notre ville par notre savoir-faire, c’est l’idée du collectif Les Ciotadennes, un projet qui me tient à cœur et pour lequel je m’investis au quotidien. Mon équilibre, c’est le 50/50 : j’aime autant ma vie personnelle que professionnelle, les deux me sont essentielles.

Crédit photographique : Julien Oppenheim

Mes enfants me permettent de couper ; ils sont ma thérapie. Leur père m’accompagne dans cette aventure depuis le début : ensemble, nous sommes plus forts. Ma famille, très présente, est également très impliquée dans mes projets. J’aime collaborer avec mes sœurs qui excellent dans leurs domaines.

Crédit photographique : Camille Lhomme

Crédit photographique de la couverture : Julien Oppenheim

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