Inès Tempel est responsable communication, branding et partenariats à Marseille, où elle est installée depuis 5 ans. Passionnée par l’art de recevoir, elle cultive le sens de l’hospitalité, une valeur inspirée par sa famille ouverte sur le monde, qui lui a transmis, très tôt, le goût des autres cultures à travers les nombreux voyages qu’ils ont la chance d’entreprendre ensemble. Une curiosité qui devient une richesse et qui guide chacun de ses pas aujourd’hui. Son rêve d’enfant ? Organiser des dîners sans fin dans une grande maison joyeuse baignée de soleil. Entretien avec une nouvelle invitée de notre rubrique Girls Girls Girls.

Hello Inès, peux-tu évoquer tes études et ton parcours professionnel ?
Inès : Je suis née et j’ai grandi à Strasbourg, avec un passage par Copenhague où j’ai vécu un peu moins d’un an, avant de venir m’installer à Marseille il y a bientôt cinq ans. J’ai commencé par étudier l’histoire de l’art, puis j’ai suivi une formation aux métiers du livre et du patrimoine et travaillé un temps en librairie pour le groupe Gallimard, avant d’intégrer une classe préparatoire littéraire, de poursuivre un double cursus en langues étrangères appliquées et en journalisme et, enfin !, de terminer un master en communication spécialisé dans les relations publiques. C’est un parcours un peu éclectique, mais qui, dans le fond, m’a permis d’approfondir et de cultiver tout ce qui me passionne encore aujourd’hui : les mots, l’écriture, le design et l’art sous toutes ses formes.
J’ai un parcours un peu pêle-mêle, parsemé de changements de cursus. Plus jeune, je ne rêvais pas d’avoir un travail, je rêvais juste d’avoir une grande maison joyeuse dans laquelle j’inviterais tous mes amis pour des dîners interminables. Mais comme ce n’est pas vraiment un plan de carrière, j’ai longtemps cherché ce qui me convenait vraiment et, même si mon parcours un peu de travers est loin d’être linéaire et que je l’ai un peu rallongé à force de changements, j’en suis très heureuse, car il m’a permis de construire la vie que je mène aujourd’hui.

Comment est né ton désir de travailler dans la communication et la food ?
Pour être tout à fait honnête, je ne pensais pas vraiment que j’allais travailler dans la communication. Je savais simplement que je voulais écrire, et après plusieurs expériences en rédaction et en agence, j’ai pensé que le métier d’attachée presse pourrait vraiment me correspondre. C’est quand je suis arrivée à Marseille que tout a pris forme : j’ai rejoint à plein temps les équipes communication et RP de plusieurs marques, dont une dans le secteur de la décoration d’intérieur pour laquelle je travaille depuis 3 ans, et pour laquelle je m’occupe de la ligne éditoriale, de la communication digitale, de l’influence, des relations presse, de l’image de marque et de la production des shootings.
Sur mon temps libre, j’ai commencé à renouer avec mon amour de l’hospitalité, de la food et de l’art de recevoir. Un amour que j’ai commencé à partager sur les réseaux en même temps que je montais ma petite structure de production et de set design pour des dîners privés, et qui m’a permis de faire de belles rencontres, de prendre part à de beaux projets et de commencer à tisser des partenariats avec d’autres marques et acteurs du milieu, notamment via la création de contenu.
En réalité, mon quotidien professionnel est toujours un peu pêle-mêle, partagé entre un temps plein dans la communication et un petit à-côté, rien que pour moi, dans la food, l’hospitalité et le design. C’est assez intense, mais je me régale (littéralement) !


Est-ce que les voyages et la culture, au sens large, occupaient une place importante dans ta famille ?
Inès : Complètement, et je mesure la chance immense que j’ai d’avoir été élevée dans un tel environnement. La culture est un peu la religion de ma famille : la maison de mes parents est un endroit très joyeux, rempli de livres (mon beau-père avait une maison d’édition) et d’objets d’art en tout genre, où la musique jouait – et joue encore – constamment, et où le concept de question idiote et celui de jugement n’existent absolument pas. Un terrain idéal pour grandir en toute liberté !
Mes parents ont beaucoup d’amis artistes (dessinateurs, peintres, sculpteurs, danseurs) ; ils m’ont toujours beaucoup emmené au cinéma, à des expositions, au musée, et ils m’ont inscrit à tous les cours de danse, de dessin et de musique possibles et inimaginables. Ils recevaient également énormément à dîner et on voyageait très souvent : je viens d’une famille internationale et multiculturelle (Canada, Italie, Australie, Espagne, Allemagne…), où presque personne n’a la même langue maternelle et où, pour se retrouver tous ensemble, il faut changer plusieurs fois de fuseau horaire.
Donc oui, les voyages et la culture ont toujours occupé une place importante dans ma famille, mais, peut-être plus que ça encore, c’est la curiosité qui a toujours occupé la plus grande place dans ma famille.
C’est un vrai luxe d’avoir accès à la culture et à l’ailleurs, mais encore faut-il être capable d’en faire bon usage et d’être suffisamment curieux pour questionner et essayer de comprendre ce qui se joue lorsqu’on voyage, qu’on découvre de nouveaux endroits, de nouvelles personnes ou, plus simplement, lorsqu’on lit un livre par exemple.

Et je crois que c’est cet amour de la curiosité et du questionnement que mes parents ont vraiment essayé de me transmettre. La culture n’est rien si l’ouverture d’esprit et la pensée critique ne sont pas transmises avec.
Si tu devais définir Marseille en quelques lignes, comme si tu décrivais une personne ou que tu racontais une petite histoire, que dirais-tu ?
Il y a tellement de choses à dire sur Marseille que c’est dur de condenser tout ça en quelques lignes seulement. Mais, si je devais la décrire comme si c’était une personne, je dirais qu’elle est à la fois ma meilleure et ma pire amie. C’est une ville fascinante, stimulante, inspirante, remplie d’histoire, belle à en crever, mais aussi éprouvante pour le corps et remplie d’inégalités, qui se creusent davantage et sont rendues encore plus visibles année après année. Je suis absolument amoureuse de cette ville et je ne me verrais habiter nulle part ailleurs, mais elle est parfois dure à supporter.
C’est clairement une ville qui ne laisse pas indifférent.
Il faut avoir les épaules solides et le cœur suffisamment tendre pour l’aimer en entier, exactement comme elle, sans romantiser ses forces ni ses fragilités.

Qu’est-ce que Marseille a de différent ? Les rencontres, la lumière, la vibe… ?
Inès : Je crois que je suis le bon exemple pour parler du charme que Marseille peut exercer sur les gens. Je suis arrivée ici sans jamais y avoir mis les pieds, sans connaître personne et, si je suis vraiment honnête, sans vraiment avoir envie de venir. Clairement une grosse erreur de jugement de ma part.
J’avais l’habitude des villes du Nord, carrées et bien rangées, et je pensais que c’était ce qui me convenait vraiment. Marseille est venue chambouler toutes mes certitudes, car elle est à l’opposé de tout ça. C’est une ville tout en contraste : à la fois bruyante, agitée, bouillonnante, presque irrévérencieuse, mais aussi très douce, libre et joyeuse. D’ailleurs, il ne m’aura fallu que quelques heures pour tomber complètement amoureuse de cette ville : de sa lumière, claire et vive à la fois, de son mélange de cultures, de son énergie hyperactive, de sa simplicité et du vent de liberté qui existe encore ici.
C’est ici que j’ai fait les plus belles rencontres de ma vie et que j’ai rencontré certains de mes meilleurs amis, cette ville est vraiment devenue ma maison et elle me manque à chaque fois que je la quitte.

Si tu pouvais aussi nous parler de toi, de ce que tu aimes, de ton amour pour ton travail, de tes projets et de tes rêves.
Inès : Ce n’est pas évident de parler de soi, mais je sais que je suis une grande rêveuse, une grande romantique et que j’ai un tempérament plutôt passionné. J’écris énormément et je suis de plus en plus assidue dans ma pratique de la photo et de la vidéo, pour capturer les instants précieux de ma vie et avoir des souvenirs qui restent.


Je passe énormément de temps dans ma tête, donc j’essaie de faire en sorte que cet endroit mental soit le plus positif possible. Pour ça, j’ai besoin de beaucoup questionner ce qui m’entoure pour ne pas me sentir engourdie, de diriger mes pensées vers des projets concrets, qui me sortent de ma petite tête, et de faire des choses de mes dix doigts. En ce moment, je travaille justement sur un projet de livre, mêlant textes et photos, deux de mes passions, et qui avance doucement mais sûrement. Je suis en train d’apprendre la mise en page et la reliure. C’est très excitant et je suis impatiente de le voir prendre forme et de découvrir où ça va m’emmener ! Et qui sait, peut-être un jour une grande maison joyeuse dans laquelle j’inviterais tous mes amis pour des dîners interminables ?

Photographie du slide & Inès en robe blanche à la mer : Crédit photographique : Julia Torchine
