Léa Laborie sublime le bois en lui donnant une seconde vie. Chaque pièce sculptée à la main, à partir de chutes de bois, est unique. Des objets du quotidien prennent des allures d’objets d’art sous l’impulsion créative et le savoir-faire artisanal de Léa. Cuillères à riz, cuillères longues & fines, longues et creuses, planche en bois de noyer, spatules en chêne, moules à raviolis, couverts à salade, petites fourchettes… Tout est fait pour que vous trouviez votre bonheur. Bienvenue dans l’univers de Léa, nouvelle invitée de ma rubrique « Girls Girls Girls », qui nous ouvre les portes de son atelier marseillais.

Bonjour Léa, peux-tu évoquer tes études et ton parcours professionnel ?
Léa : J’ai fait mes premiers pas dans l’artisanat après l’obtention de mon bac. J’ai commencé par suivre une formation de facteur d’orgues en Alsace. À travers ce métier, j’ai découvert le travail du bois. Par la suite, j’ai décidé de me concentrer uniquement sur le bois, après mon arrivée – complètement par hasard – à Marseille, en 2016, pour faire un apprentissage en menuiserie. J’ai travaillé dans plusieurs entreprises, puis, en 2020, je me suis mise à mon compte pour faire de la sculpture sur bois.

Comment est né ton désir de devenir artisane, artiste, créatrice d’objets uniquement en bois recyclé ?
Léa : J’ai énormément appris dans les différentes entreprises par lesquelles je suis passée, mais je sentais que j’avais davantage envie de travailler le bois massif. Je notais souvent aussi que cette industrie jetait beaucoup de chutes qui pouvaient être réemployées mais qui, faute de temps, finissaient à la poubelle.
J’ai donc décidé de faire des objets sculptés à partir de ces chutes que je récupérais. J’ai commencé par faire des cuillères en bois et cet objet m’est resté. J’adore la cuillère et tout ce que ça implique.
Actuellement, je me fournis en bois auprès des menuisiers à Marseille et de mon frère élagueur, qui coupe des arbres et fait sécher le bois.

Quels ont été tes tout premiers ressentis la première fois que tu as découvert Marseille ?
Léa : Je viens de la campagne, donc j’étais hyper contente de découvrir la grande ville. J’ai senti que c’était une ville où je pouvais me sentir moi-même ; je n’ai pas senti qu’il y avait particulièrement des codes à adopter pour vivre ici et rencontrer des gens.
Mais j’ai découvert Marseille en deux temps : d’abord j’ai habité trois ans à La Rose, donc pas du tout en centre-ville, et maintenant je suis totalement en centre.

Si tu peux aussi me parler de toi, de ce que tu aimes, de ton amour pour ton travail, de tes projets et de tes rêves…
Léa : Cela fait un an et demi que j’ai mon appartement et mon atelier au même endroit. C’est vraiment génial ; ça me permet d’être hyper concentrée dans le processus de création. J’adore mon travail, j’adore le bois, je ne m’en lasse pas : chaque morceau est une agréable surprise dans ses imperfections et ses motifs. Plus tard, j’aimerai ouvrir mon atelier à d’autres gens pour pouvoir partager notre créativité. Je trouve qu’on avance encore mieux quand on est ensemble !

Marseille est une ville détendue et sous tension, riche et pleine d’ambivalence.

Qu’est-ce que Marseille a de différent ? Les rencontres, la lumière, la vibe… ?
Léa : Marseille, c’est magnifique évidemment avec la mer, la lumière, les vues à certains endroits vu que la ville est vallonnée. C’est un spectacle quotidien dont je ne me lasse pas.
