Dans les « œuvres sensibles » de Sarah, il y a de la poésie, une pointe d’humour, de l’espièglerie, de la délicatesse et un certain raffinement qui semble appartenir à un autre temps. Une époque où l’on prenait le temps de vivre, où l’imaginaire occupait toute la place. Et puis, derrière l’apparente simplicité d’un café ou d’un déjeuner qu’on imagine avant même de le partager sur ses jolies nappes et serviettes brodées, on découvre que l’art de la table selon Sarah Espeute est avant tout un art de vivre. Entretien avec une nouvelle invitée de notre rubrique Girls Girls Girls.

Hello Sarah, qu’est-ce qui fait de toi une fille du Sud ?
Sarah Espeute : Toute ma famille vit dans le Sud de la France, du Pays Basque à la Catalogne, jusqu’à la Côte d’Azur ! J’ai grandi en Provence, à Fontvieille, un petit village connu pour son célèbre écrivain, Alphonse Daudet, et son moulin. Le samedi, on faisait souvent le marché à Arles et un peu de shopping dans son centre-ville. J’ai baigné dans une culture et un paysage provençaux. Je me costumais en petite paysanne pour les férias, et j’ai toujours aimé les artichauts, l’ail et les anchois.


Peux-tu évoquer ton parcours, tes études et ce premier projet dans l’édition ?
Sarah : Je finissais mes études après un BTS en design graphique à Olivier de Serres et je n’avais pas vraiment envie de continuer le cursus classique quand j’ai essayé d’entrer dans d’autres écoles en équivalence, mais la sélection était rude. Alors, j’ai décidé de créer mon propre projet professionnel après avoir passé six mois à Londres. J’y ai découvert des imprimeries alternatives qui détournent des imprimantes de bureautique de la marque RISO à des fins artistiques. J’ai adoré le rendu esthétique et la liberté que cela donne pour imprimer mes propres illustrations. Il fallait aussi que cela génère de l’argent ; alors, après avoir acheté du matériel d’occasion sur Leboncoin, j’ai commencé à imprimer pour les autres et, petit à petit, j’ai développé ma propre imprimerie, dans mon salon dans un premier temps, puis dans un petit atelier du 18e arrondissement ensuite. C’était génial jusqu’à ce que je m’associe avec un garçon avec qui ça ne s’est pas du tout bien passé. J’ai décidé de quitter ce projet et de poursuivre ma voie artistique.

Marseille, il ne faut ni l’appréhender ni l’apprivoiser. Il ne faut rien attendre d’elle. Simplement se laisser porter au jour le jour. Marseille, il faut la vivre avec légèreté.

Tu es arrivé à Marseille, il y a 5 ans, pourquoi Marseille ?
Sarah : J’avais envie de revenir vivre dans le Sud, pour le soleil évidemment, et puis aussi l’envie de repartir à zéro, professionnellement et humainement. J’avais envie de changement, tout simplement. Je ne connaissais rien de Marseille ; je savais juste que c’était une grande ville au bord de la mer.
Si tu devais définir Marseille en quelques lignes, comme si tu décrivais une personne ou que tu racontais une petite histoire, que dirais-tu ?
Sarah : Marseille, il ne faut ni l’appréhender, ni l’apprivoiser. Il ne faut rien attendre d’elle. Simplement se laisser porter au jour le jour. Marseille, il faut la vivre avec légèreté.


Quels ont été tes tout premiers ressentis la première fois que tu as découvert Marseille ?
Sarah : Un sentiment de vacances tous les jours de la semaine, dans un joyeux bordel !

Qu’est ce que Marseille a de différent ? Les rencontres, la lumière, la vibe ..?
Sarah : Un mélange culturel magnifique, une douce qualité de vie, un paysage à couper le souffle, une énergie débordante.
Quels sont tes spots préférés à Marseille et dans le sud ?
Sarah : Pour manger : – Catherine – Les Eaux de Mars – Limmat – Couscous sur le Pouce – Shanghai Kitchen. Pour boire un verre de vin et partager des assiettes : – La passerelle – Carnage – Mercato x WINESUCKER. Pour un petit déjeuner / café : – La brûlerie Moka. Pour boire un coup : – Twali – Le petit nice. Pour se baigner : – Malmousque – La baie des singes – La anse de la fausse monnaie

J’aime m’inspirer et créer en toute liberté. À Marseille, je me laisse guider par mes émotions, mes intuitions, et je me sens forte.





Si tu peux aussi me parler un peu de toi, de ce que tu aimes, de ton travail et de tes projets et de tes rêves…
Sarah : J’aime m’inspirer et créer en toute liberté. À Marseille, je me laisse guider par mes émotions, mes intuitions, et je me sens forte. Parfois, c’est si intense que ça en devient fatigant, alors je prends du recul le temps d’un week-end et je me ressource en faisant des balades dans l’arrière-pays ou dans les calanques. Mon rêve, c’est de continuer à m’épanouir dans mon travail tout en trouvant l’équilibre avec une vie de famille. J’ai toujours de grandes idées, de grandes ambitions, alors j’essaie d’être patiente et de faire les choses progressivement.
Œuvres sensibles 30 rue Mazagran 13001 Marseille