26 mai 1993 : l’Olympique de Marseille remporte la Ligue des champions face à l’AC Milan. Darya est encore une enfant, elle a 8 ans, habite Strasbourg et pourtant… C’est une révélation, elle tombe instantanément sous le charme du club phocéen devant le téléviseur familial et se voit déjà vivre au bord de la mer Méditerranée et être : « PDG à Marseille ». Preuve, s’il en faut, qu’il faut toujours suivre ses rêves d’enfant, même s’ils apparaissent complètement insensés au départ. C’est quand on a le courage de les suivre qu’ils prennent tout leur sens. Entretien avec une nouvelle invitée de notre rubrique Girls Girls Girls.

Hello Darya, qu’est-ce qui fait de toi une fille du Sud ?
Darya Kopp : Mon prénom en farsi (persan), qui est ma langue maternelle, veut dire « la mer ». J’ai donc toujours pensé que j’étais prédestinée à vivre au bord de la mer. Mais pas n’importe laquelle : la mer Méditerranée, celle du Sud. Je suis née en juillet ; il me faut le soleil et la mer pour avoir le sourire.
Peux-tu évoquer tes études et ton parcours professionnel ?
Darya : Je suis diplômée d’une licence en sciences économiques, suivie d’un master en école de commerce, avec une majeure entrepreneuriat, car la seule chose dont j’étais sûre était que je voulais être à mon compte. J’ai commencé à travailler dans la pub et le design retail, puis, très naturellement, j’ai bifurqué dans l’événementiel. J’organise des événements pour des marques et des entreprises depuis 10 ans maintenant et, il y a un an, je me suis associée avec Odelia de Cock pour créer une agence à plus grande échelle : Darya&Odelia. Nous nous sommes rencontrées il y a un peu plus de deux ans. À cette époque, nous avions toutes les deux mis l’événementiel de côté (post-Covid) et notre rencontre a été comme une évidence. Un an plus tard, nos premiers événements voyaient le jour et, depuis, nous sommes très fières d’avoir la confiance de belles maisons pour créer des expériences esthétiques et culinaires.

Parle-nous de ton arrivée à Marseille en 2019, quel a été l’élément déclencheur ?
Darya : Marseille, c’était mon rêve de petite fille. Ça fait beaucoup rire mes proches, mais quand j’étais petite, j’étais fan de l’OM et de Bernard Tapie. Quand j’ai eu 8 ans, ils ont remporté la Ligue des champions et, ce jour-là, j’ai décidé que je voulais être « PDG à Marseille »… J’ai grandi à Strasbourg et j’ai vécu le début de ma vie d’adulte à Paris, mais je ne ratais jamais une occasion de venir à Marseille. J’ai même acheté un pied-à-terre en 2016 à la Plaine pour pouvoir m’échapper dès que possible. Quand j’ai eu mon premier enfant, le vrai déménagement a eu lieu en famille. Nous nous sommes installés tout près de la mer, comme dans mes rêves, et je suis extrêmement heureuse d’offrir à mes enfants un quotidien dont j’aurais rêvé petite.

Marseille est comme une mère d’adoption. Je la regarde avec admiration, je la trouve belle, partout, tout le temps. Je pardonne ses défauts. Parfois, elle m’énerve, mais ça ne dure jamais longtemps. Elle m’enveloppe de chaleur et de bienveillance, m’apaise et me calme en un rien de temps. Elle m’apprend que les différences sont des forces et que la tolérance est la clé. Elle me donne confiance en moi et m’aide à me libérer. Elle m’a montré que les amitiés se faisaient à tout âge et sans limite, que la vie était douce et que le temps ne courait pas. Marseille était un rêve ; c’est devenu un cocon que je ne pourrai plus quitter.

Quels ont été tes tout premiers ressentis la première fois que tu as découvert Marseille ?
Darya : C’était il y a 20 ans… La ville ne ressemblait pas du tout à ce qu’elle est aujourd’hui et j’ai trouvé ça très bordélique. La conduite, elle, n’a pas changé et je pense que c’est la seule chose à laquelle je ne me ferai jamais. Tout le reste est rentré dans l’ordre et, plus je suis à Marseille, plus je l’aime.
Qu’est-ce que Marseille a de différent ? Les rencontres, la lumière, la vibe …?
Darya : Cette ville a tout de différent… La lumière, même à travers les nuages, la nature si près de la ville, ses propres codes et expressions, la photogénie partout, tout le temps, et l’OM évidemment (à jamais les premiers !). On me disait qu’à Marseille les gens étaient sympathiques, mais qu’on ne se faisait pas de vrais amis ; eh bien, les gens sont effectivement très sympathiques, mais j’y ai aussi trouvé beaucoup d’amis. Ici, on prend le temps et on apprend vite que le temps est trop précieux pour ne pas en profiter. Nous ne sommes pas les champions de la productivité, mais la qualité humaine et celle de leur travail sont épatantes.


Quels sont tes spots préférés à Marseille ?
Darya : La Corniche Kennedy en voiture ou à pied, cette vue me donne le sourire à chaque fois ! Le Café de l’Abbaye, le Cercle des Nageurs, Cécile Food Club et Notre-Dame-de-la-Garde pour faire un vœu.

Si tu peux aussi nous parler un peu de toi, de ce que tu aimes, de ton amour pour ton travail, de tes projets et de tes rêves …
Darya : Je suis une fille d’immigrés iraniens. Mes parents sont arrivés en 1979, pendant la révolution, et se sont installés en Alsace. La vie a fait qu’ils ne sont jamais repartis. J’ai eu une enfance très heureuse, mais je savais que ce n’était qu’une étape et mon premier diplôme en poche, je suis partie à Londres puis à Paris. J’avais besoin de grandeur et d’ouvrir le champ des possibles. J’ai passé des années parisiennes extraordinaires qui m’ont permis d’avoir des expériences professionnelles passionnantes, remplies de rencontres et de créativité. Ma vie de famille est aujourd’hui dans le sud, mais je n’ai aucune limite professionnelle et nous espérons pouvoir organiser des événements dans les villes qui nous inspirent comme Los Angeles pour ma part ou Tokyo pour Odelia !